La comtesse Greffulhe Le château de Bois-Boudran
Le château de Bois-Boudran
À Fontenailles, en Seine-et-Marne, Bois-Boudran fut le théâtre des chasses et des réceptions qui ont fait la réputation du couple Greffulhe.
Le domaine
Le château se situe sur la commune de Fontenailles, en Seine-et-Marne. Il entre dans le patrimoine de la famille Greffulhe au début du XIXe siècle, acquis comme domaine de chasse, et passe ensuite de génération en génération jusqu'au comte Henry Greffulhe, époux d'Élisabeth.
C'est cette fonction cynégétique qui explique l'usage du lieu. Bois-Boudran n'était pas une résidence principale mais un lieu de réception saisonnier, organisé autour des chasses d'automne et d'hiver. Cette alternance entre la saison parisienne et les séjours à la campagne obéissait à un calendrier fixe, décrit dans notre page sur la saison de chasse et la vie de château.
Ce qui s'y jouait
Les invitations à Bois-Boudran comptaient dans la vie mondaine de la Troisième République. On y recevait l'aristocratie française et européenne, et la fréquentation du lieu par des figures politiques et royales lui a donné une portée qui dépassait le simple agrément.
Pour la comtesse, ces séjours relevaient autant du devoir que du plaisir. La correspondance conservée laisse entrevoir une femme qui organisait beaucoup et s'ennuyait parfois. Composer une liste d'invités, attribuer les chambres, régler les préséances et diriger un personnel augmenté pendant plusieurs semaines constituait un travail d'organisation, et l'un des rares dont une femme de ce milieu avait la responsabilité entière.
Le rapport à la chasse
Il faut le dire sans détour : Bois-Boudran était un lieu de chasse intensive, et les tableaux de chasse de la fin du XIXe siècle y atteignaient des chiffres qui heurtent la sensibilité contemporaine. C'était l'usage de ce milieu et de cette époque, et le passer sous silence donnerait du lieu une image inexacte.
Le mot « tableau » désigne le décompte du gibier prélevé en fin de journée, ce qui renvoie à la chasse à tir et non à la chasse à courre — deux pratiques que le vocabulaire courant confond volontiers et que nous distinguons ici.
L'économie d'un domaine de réception
Un château de chasse de cette taille n'est pas une maison de campagne agrandie : c'est une exploitation dont l'objet est de recevoir, et cela suppose une organisation permanente pour un usage intermittent.
Le territoire doit être entretenu toute l'année — bois, allées, remises, population de gibier — pour quelques semaines d'usage effectif. Le personnel est double : un noyau permanent qui vit sur place, et un renfort saisonnier considérable pendant les séjours, logé et nourri. Les écuries, puis les garages, absorbent une part notable des dépenses.
Rien de tout cela n'est visible dans les récits de séjour, qui décrivent des dîners et des conversations. C'est pourtant ce qui rend ces journées possibles, et c'est ce qui explique que ces domaines soient devenus intenables au XXe siècle, quand le coût du travail a cessé d'être négligeable.
Ce que nous ne pouvons pas établir ici
Nous restons prudents sur plusieurs points où la documentation nous manque.
Nous ne donnons ni la composition précise du personnel, ni le nombre de chambres, ni le détail des séjours année par année, ni la liste des invités : ces éléments circulent sous des formes contradictoires et nous n'avons pas consulté les sources qui permettraient de trancher. Nous ne décrivons pas davantage l'état actuel du bâtiment ni son intérieur.
Ce que l'on peut dire tient à la fonction du lieu et à la manière dont il s'inscrivait dans un calendrier, et c'est déjà ce qui l'éclaire le mieux. Le reste appartient aux fonds d'archives et aux travaux de ceux qui les ont consultés.
Aujourd'hui
Le château figure parmi les demeures de Seine-et-Marne dont l'histoire est documentée. Son statut et ses conditions d'accès ont évolué au fil du temps, et nous renvoyons sur ce point à la page consacrée à la visite plutôt que d'avancer une information qui pourrait être périmée.
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